après le rapport Couty
La psychiatrie publique vit ses derniers instants. Le rapport Couty signe son arrêt de mort. C'est le temps des vautours qui commence. Qui seront-ils? Tous ceux qui verront dans ce rapport le moyen de satisfaire des appétits ou des ambitions personnelles. Il n'en manquera pas, soyons en sur, pour prospérer sur le fumier. Pour ma part, je refuse de trahir les principes de ceux qui, au retour des camps de concentration ou des maquis, ont voulu une psychiatrie publique émancipatrice, démocratique, respectueuse de l'être humain.
Je ne me fais guère d'illusions. Une société a la psychiatrie qu'elle mérite. La sectorisation s'appuyait sur l'idée d'une société d'hommes libres, responsables et solidaires, prêts à s'interroger sur eux-mêmes, sur leur discours, leurs motivations, leurs déviances, leur rapport à l'autre. L'idée d'une société d'hommes formatés, égoïstes, abêtis par les médias, fascinés par un leader, agents dociles des managers de tout poil, leur était étrangère. La sectorisation devait donc disparaître.Ce n'est qu'un symptome de plus de la décomposition de la communauté_ mais pouvons nous encore employer ce terme? La fièvre devenait trop forte. Il fallait casser le thermomètre.