enfin!

Publié le par subverpsy

Enfin, le collectif  "Sauvons la Psychiatrie Publique" va peut être voir le jour à l'hôpital. 
Il aura fallu la crise et des centaines de milliers de chomeurs en perspective. Il aura fallu que la folie des financiers éclate au grand jour.
J'ai entendu un sociologue dire sur France Culture que les acteurs de la Culture, c'est à dire les membres de la société civile,  n'avaient pas su contenir l'envahissement de tout l'espace social par l'économique.  Mais qui ce sociologue écoutait-il ces dernières années? les chroniqueurs des grands médias payés par les groupes financiers? les scientifiques qui arpentent les cercles du pouvoir?  les experts qui,  tels des girouettes, pontifient dans le sens du vent?  Nous étions pourtant nombreux à répéter que la santé n'est pas une marchandise. Mais personne ne nous écoutait.
Qui fait l'opinion? Qui la manipule? Je le sais au moins pour la psychiatrie. Ce sont les psychiatres des équipes dirigeantes des grands groupes de l'hospitalisation privée, la plupart des psychiatres professeurs de CHU et quelques psychiatres publics qui passent plus de temps au ministère que dans leur service. Au plus 200 personnes alors qu'il y a plus de 4000 praticiens hospitaliers en psychiatrie.
Je peux témoigner que, dans toutes les réunions de présidents de CME de CHS, dans toutes les rencontres nationales des équipes de  CMP, de CATTP auxquelles j'ai participé, je n'ai jamais croisé d'adversaires déclarés du service public de psychiatrie et de la politique de secteur. Au contraire, nous étions pour la grande majorité d'entre nous fiers de participer à  cette mission. Par contre, j'ai lu dans Synapse l'article du psychiatre responsable national d'ORPEA intitulé "les sectateurs du secteur", surement la charge la plus violente contre le secteur de ces dernières années,  j'ai entendu Alain Lopez, IGAS, ancien psychiatre, président du comité de suivi du plan santé mentale, démolir le secteur dans un colloque sur la dignité du patient à Aix en Provence, j'ai lu les articles de la revue Pluriels de Massé et consorts ironiser sur l'archaïsme du secteur.
Combien de temps encore l'opinion et la politique de santé seront  faites par quelques moutons noirs?
Hier, au Conseil Exécutif,  nous avons eu le retour d'une enquête sur les demandes adressées aux UMD par les services de l'hôpital. Pour 12 secteurs de psychiatrie adulte, il y a eu en 2008 4 demandes satisfaites  et 0 demandes insatisfaites. Eh bien, notre directrice, tout d'abord, ne voulait pas y croire. Elle pensait que nous en avions surement oubliées. Cela montre bien la puissance du discours sécuritaire ambiant. Même une personne informée, immergée dans le milieu psychiatrique, en arrive à être suffisamment influencée par la désinformation générale pour ne pas croire à l'évidence.
Le sociologue a tort. Ce ne sont pas le silence ou la démission des acteurs de la société civile qui ont laissé libre cours aux dérives de l'économique. C"est la conjugaison de la main-mise d'un très petit nombre sur les grands moyens d'information et  de l'hypnose induite par ces médias sur le plus grand nombre. Cela s'appelle une névrose collective. 
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